Ilias Kasidiaris, condamné et incarcéré pour avoir codirigé un parti d'extrême droite grec qualifié par la suite d'organisation criminelle, a été libéré mardi et a laissé entrevoir un retour sur la scène politique en vue des élections législatives de l'année prochaine.
Ilias Kasidiaris, 46 ans, était porte-parole et député de l'Aube dorée, parti qui était devenu la troisième force politique du pays au plus fort de la crise de la dette grecque (2009-2018), avec un programme anti-austérité et anti-immigration.
En 2020, ce parti d'extrême droite néonazi a été qualifié de groupe criminel lié à des délits haineux, notamment le meurtre d'un rappeur antifasciste, Pavlos Fyssas. Ilias Kasidiaris a été condamné à treize ans et demi de prison pour avoir été lun de ses dirigeants.
Vêtu de manière décontractée, Ilias Kasidiaris a quitté mardi une prison du centre de la Grèce sous les acclamations de ses partisans qui agitaient des drapeaux grecs. Il a été libéré après avoir purgé près de six ans de sa peine, en tenant compte des réductions de peine accordées pour son travail en prison et la période passée en détention provisoire.
Bien que la loi grecque interdise aux partis dirigés par des criminels condamnés de se présenter aux élections, Ilias Kasidiaris a annoncé son retour en politique, affirmant qu'il comptait créer un parti pour s'opposer à ce qu'il qualifie de pouvoir corrompu.
"Je reviens aujourd'hui, et d'après ce que je vois, je ne suis pas seul. À mes côtés se trouve un nouveau parti national fort, à l’image de ceux qui dominent partout en Europe", a-t-il déclaré à la presse après sa libération.
Ilias Kasidiaris, qui avait agressé physiquement deux femmes politiques lors d'une émission télévisée en direct en 2012, avait par le passé fondé un parti ultranationaliste, Les Hellènes, qui a été exclu des élections nationales de 2023.
Il a ensuite publiquement apporté son soutien à un autre parti nationaliste, Les Spartiates, également exclu des élections européennes, tandis que ses trois députés ont par la suite perdu leurs sièges au Parlement après qu'il a été prouvé que Ilias Kasidiaris dirigeait le parti depuis sa cellule.
(Rédigé par Angeliki Koutantou et Renee Maltezou ; version française Coralie Lamarque, édité par Benoit Van Overstraeten)

1 commentaire
Vous devez être membre pour ajouter un commentaire.
Vous êtes déjà membre ? Connectez-vous
Pas encore membre ? Devenez membre gratuitement
Signaler le commentaire
Fermer